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Déterminants de la rentabilité des détaillants d'essence

Étude pour le compte du Bureau de la concurrence du Canada


4. Données

Cette section présente les données utilisées dans l’analyse économétrique. Les données sur les prix de vente en gros et au détail et le volume des ventes d’essence ordinaire, intermédiaire et super ont été obtenus de cinq stations détenues par cinq entreprises. Parmi ceux-ci, les points de vente C et D représentent les entreprises intégrées verticalement possédant des capacités de raffinage, alors que les détaillants indépendants possèdent les points de vente A et B ne disposant pas de capacité de raffinage.1 En ce qui concerne le volume des ventes et les prix de vente au détail, les points de vente B, C et D ont fourni des données sur une période relativement longue (de janvier 2002 à décembre 2004), tandis que les données correspondantes fournies par le point de vente A concernent une durée plus courte (de janvier 2005 à mai 2005). Cependant, les prix de vente en gros ont été fournis sur des périodes d’une durée identique (de janvier 2002 à décembre 2004 pour les points de vente B, C et D; d’août 2002 à avril 2005 pour le point de vente A). Les tableaux suivants résument les caractéristiques principales de ces données.

Tableau 1 – Prix de vente au détail et volume des 
ventes.

Tableau 2 – Prix de vente en gros.

Dans la plupart des cas, les prix moyens de vente au détail quotidiens pour tous les types d’essence sont disponibles. La seule exception est le point de vente A, qui n’a fourni que les données mensuelles moyennes concernant la vente d’essence intermédiaire et super. En revanche, les prix de vente en gros et les volumes de vente au détail représentent exclusivement des totaux mensuels. Bien que les prix de vente en gros mensuels moyens pratiqués par les points de vente B et A (détaillants indépendants) soient de toute évidence basés sur les achats auprès des entreprises de raffinage intégrées verticalement, le prix de vente en gros moyen des points de vente C et D (entreprises intégrées verticalement) se base sur un prix de transfert interne. Plus particulièrement, ce prix est obtenu en prenant le montant total des ventes par l’entreprise à son détaillant affilié et en le divisant par le nombre de litres; on obtient ainsi un prix par litre. Les tableaux ci-dessous présentent des échantillons de statistiques de prix de vente en gros et au détail par litre, sans les taxes.

Tableau 3 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente A (mars 2003 – décembre 
2004).

Tableau 4 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente B (janvier 2002 – 
décembre 2004).

Tableau 5 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente B (mars 2003 – décembre 
2004.

Tableau 6 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente C (janvier 2002 - décembre 
2004).

Tableau 7 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente C (mars 2003 – décembre 
2004).

Tableau 8 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente D (janvier 2002 – 
décembre 2004).

Tableau 9 – Prix de vente en gros et au détail mensuels 
moyens (cents/litre) – Point de vente D (mars 2003 – décembre 
2004).

Tableau 10 – Prix de vente en gros et au détail 
mensuels moyens (cents/litre) – Moyennes à Toronto (janvier 2002 
– décembre 2004).

Tableau 11 – Prix de vente en gros et au détail 
mensuels moyens (cents/litre) – Moyennes à Toronto (mars 2003 
– décembre 2004).

5. Analyse économique


5.1 Écarts entre les points de vente A et B (détaillants indépendants)

Les tableaux 3 et 4 présentent les statistiques d’échantillon des prix de vente en gros et au détail de l’essence des points de vente A et B (détaillants indépendants) en cents par litre, sans les taxes, respectivement, à partir des données disponibles. Cependant, à des fins de comparaison, nous devons limiter les données portant sur le point de vente B à la même période (de mars 2003 à décembre 2004), comme celles dont nous disposons pour le point de vente A. Le tableau 5 contient le résumé des statistiques portant sur le point de vente B sur cette même période.

Les moyennes des prix de vente au détail de l’échantillon (tableaux 3 et 5) des points de vente A et B sont très semblables en ce qui concerne l’essence ordinaire, elles montrent un écart d’un demi cent seulement. Les écarts entre les autres types d’essence sont un peu plus importants; en particulier, le point de vente B facture environ deux et trois cents de plus, en moyenne, pour ce qui est de l’essence intermédiaire et super, respectivement. Les valeurs maximales et minimales relatives à tous les types d’essence sont proportionnellement plus importantes dans les données portant sur le point de vente B sur la période de l’échantillon.

Toutefois, les moyennes des prix de vente en gros de l’échantillon de tous les types d’essence sont, de façon assez intéressante, très comparables entre les deux points de vente, les valeurs minimum et maximum étant elles aussi proches. Il faut également remarquer que les moyennes des prix de vente en gros et au détail de l’échantillon sont plus faibles que les moyennes urbaines (tableau 11) fournies par M.J. Ervin.

La différence principale entre les deux points de vente semble résider dans la moyenne du volume des ventes. Afin de protéger la confidentialité, nous ne pouvons publier le résumé de ces moyennes. Cependant, nous observons qu’en utilisant les données portant sur la même période (de mars 2003 à décembre 2004), en ce qui concerne les prix de vente en gros et au détail, les volumes des ventes au détail du point de vente A sont supérieurs au double du volume des ventes correspondantes du point de vente B, tous types d’essence confondus. Il est réconfortant de voir qu’une fois associés aux prix plus faibles pratiqués par le point de vente A par rapport au point de vente B, ces faits laissent clairement supposer une baisse de la demande. Bien entendu, il faut considérer cette observation avec précaution, étant donné qu’elle ne s’applique pas à la même région. Cela reste néanmoins rassurant.

On pourrait expliquer le prix plus bas pratiqué par le point de vente A par le fait que ce point de vente fait face à cinq autres points de vente dans un rayon d’un kilomètre alors que le point de vente B n’est en concurrence qu’avec quatre points de vente dans un même rayon. Il faut bien entendu être prudent et ne pas accorder une importance exagérée à ces éléments, car ceux-ci supposeraient que la présence d’un point de vente supplémentaire a des retombées marginales considérables en termes de prix.

Que signifient toutes ces observations en termes de revenus et de bénéfices? Bien qu’on ne puisse publier de chiffres spécifiques, on remarque que les revenus mensuels moyens provenant de la vente d’essence ordinaire sont beaucoup plus élevés pour le point de vente A que pour le point de vente B. Ces revenus s’établissent environ à 80 % du total des ventes d’essence. Le point de vente A réalise aussi des bénéfices plus élevés sur les ventes d’essence ordinaire que le point de vente B. Les chiffres de ces bénéfices découlent essentiellement d’une marge bénéficiaire au litre (prix de vente au détail et en gros) de 2,57 cents pour le point de vente A et de 3,14 cents pour le point de vente B de mars 2003 à décembre 2004. Il est intéressant de remarquer que les écarts comparables relatifs à l’essence super et intermédiaire sont bien plus importants pour les deux points de ventes. En particulier, la marge bénéficiaire par litre qu’enregistre le point de vente A en ce qui concerne l’essence intermédiaire s’élève environ à 4 cents et à 5 cents pour l’essence super. Les statistiques correspondantes pour le point de vente B sont de 6 et 9 cents respectivement.2 Ces chiffres correspondent aux moyennes urbaines observées à Toronto qui sont présentées dans le tableau 11.


5.2 Écarts entre les points de vente C et D (entreprises intégrées verticalement)

Il est à présent important de comparer les résultats présentés ci-dessus aux chiffres correspondants relatifs aux points de vente C et D correspondants pour la période allant de mars 2003 à décembre 2004. Comme on pouvait s’y attendre, les moyennes en question apparaissant dans les tableaux 6 et 7 montrent que les prix pratiqués par le point de vente C sont plus élevés de deux cents environ, tous types d’essence confondus sur une base au litre, par rapport aux prix pratiqués par les points de vente A et B. Ces chiffres se maintiennent également sur la période allant de janvier 2002 à décembre 2004. La différenciation des produits pourrait expliquer ces résultats; les consommateurs préfèrent peut-être l’essence vendue par les entreprises intégrées verticalement car ils pensent que ce carburant est plus propre et plus fiable que celui que vendent les entreprises indépendantes.3 Une autre explication pourrait être que les entreprises intégrées verticalement peuvent elles-mêmes se différencier au niveau des produits en proposant une variété de produits plus large que celle qu’offrent les petites entreprises indépendantes. Enfin, ces résultats pourraient aussi s’expliquer par le fait que le point de vente C n’est en concurrence qu’avec un seul autre point de vente dans un rayon d’un kilomètre.

Par contre, les prix correspondant pratiqués par le point de vente D sont moins élevés que ceux pratiqués par le point de vente C. Ce qui est surprenant concernant ce résultat est que ce point de vente fait face à plus de concurrents qui sont tous des entreprises intégrées verticalement.

Toutefois, ce qui est encore plus étonnant est que le prix de vente en gros facturé au point de vente C est sensiblement identique à celui facturé au point de vente B (détaillant indépendant), indépendamment du fait que l’on examine les données portant sur la période allant de janvier 2002 à décembre 2004 ou de mars 2003 à décembre 2004. Par conséquent, il n’est pas surprenant de noter que le point de vente C réalise bien plus de bénéfices sur une base au litre que les points de vente B et A (détaillants indépendants). Ainsi, par exemple, selon les données de l’échantillon concernant la période allant de mars 2003 à décembre 2004, le point de vente C a enregistré environ 4,5, 8,5 et 11 cents de bénéfices par litre sur le prix de vente de l’essence super, intermédiaire et ordinaire. Bien que le point de vente D profite de prix de vente en gros plus bas, ces marges bénéficiaires sont très semblables (tableaux 8 et 9). Comme nous le remarquions auparavant, les chiffres correspondants relatifs au point de vente B sont de 3, 6 et 9 cents de bénéfices par litre, alors que les chiffres concernant le point de vente A s’élèvent à 2,5, 4 et 5 cents de bénéfices par litre.

Le point de vente C ne profite pas seulement d’une marge bénéficiaire plus élevée sur une base au litre mais également d’un débit plus important que les points de vente A et B, tous types d’essence confondus. Les volumes correspondants vendus par le point de vente D sont plus faibles que ceux vendus par le point de vente C mais plus élevés que ceux vendus par le point de vente B. Quoique les ventes d’essence ordinaire du point de vente D soient moins élevées que celles du point de vente A, le point de vente D profite de ventes plus élevées en ce qui concerne les autres types d’essence. Par conséquent, on devine que le point de vente C réalise des bénéfices mensuels moyens beaucoup plus importants que les points de vente A, D et B. Une autre différence intéressante tient au fait que les points de vente C et D (les entreprises intégrées verticalement) dégagent un pourcentage de leurs bénéfices plus faible de la vente d’essence ordinaire que les autres points de vente. Parallèlement, ces entreprises dégagent un pourcentage de leurs bénéfices plus élevé de la vente d'essence super que les autres points de vente.


5.3 Répercussions

En résumé, notre analyse suggère :

  1. Qu’il existe un écart entre les prix de vente au détail moyens pratiqués par les points de vente. Le prix le plus élevé est pratiqué par le point de vente C, viennent ensuite les prix pratiqués par les points de vente B, D, et A.
  2. L’écart entre les prix de vente au détail entre les points de vente augmente avec le type d’essence. Par exemple, même si les prix pratiqués par le point de vente B en ce qui concerne l’essence ordinaire sont plus élevés que ceux qu’applique le point de vente A, l’écart entre les prix relatifs à l’essence super appliqués par les deux points de vente est encore plus considérable. On observe un écart similaire entre les prix pratiqués par les points de vente C, D et B. On devrait s’attendre à ce que ces écarts se généralisent car la demande en essence de types intermédiaire et super est plus inélastique en matière de prix que la demande en essence ordinaire.
  3. Ces prix semblent mesurés de façon rigoureuse étant donné qu’ils sont identiques aux prix moyens urbains recueillis par M.J. Ervin.
  4. Le degré de concurrence locale semble constituer un facteur déterminant car on observe une corrélation entre le nombre de stations présentes dans un rayon d’un kilomètre et les prix de vente au détail pratiqués par chaque point de vente. Ainsi, par exemple, le point de vente C applique systématiquement les prix les plus élevés et fait face à la concurrence d’un seul point de vente dans un rayon d’un kilomètre. En revanche, on note que le point de vente D pratique des prix de vente au détail moins élevés et est en concurrence avec un nombre de points de vente plus important. Cependant, il faut être très prudent et ne pas accorder une importance exagérée à cette observation; les prix de vente au détail plus élevés qu’applique le point de vente C pourraient tout à fait résulter d’autres facteurs confondus n’ayant pas été notés car ils sont impossibles à contrôler sur un ensemble de données si restreint.
  5. D’autre part, les prix de vente en gros moyens que pratiquent les différents points de vente sont étonnamment semblables en ce qui concerne tous les types d’essence. Cette remarque constitue une preuve contradictoire aux allégations selon lesquelles les détaillants indépendants sont contraints d’acheter de l’essence à des prix de vente en gros considérablement différents de ceux dont profitent les filiales des entreprises intégrées verticalement. Il faut pourtant reconnaître que la généralisation de ce résultat à toutes les entreprises indépendantes pourrait ne pas être tout à fait exacte, étant donné le fort pouvoir de négociation dont bénéficient probablement les points de vente A et B dans ce domaine, par rapport à d’autres entreprises indépendantes moins importantes.
  6. Le point de vente C affiche des marges moyennes plus élevées tous types d’essence confondus, vient ensuite le point de vente D. Cependant, les marges bénéficiaires associées à la vente d'essence ordinaire ne sont pas très différentes qu'il s'agisse de raffineurs intégrés verticalement ou de détaillants indépendants. Plus précisément, les chiffres de revenus nets semblent indiquer que les détaillants indépendants enregistrent un profit par litre se situant entre 2,57 et 3,14 cents de la vente d'essence ordinaire alors que les entreprises intégrées verticalement enregistraient des profits au cours d'une période similaire d'échantillonnage.
  7. La similitude des prix de vente en gros et le léger écart entre les prix de vente au détail suggère que les entreprises pétrolières sont principalement preneuses de prix : les prix de vente en gros suivent clairement les fluctuations des prix du pétrole brut correspondantes, tandis que les écarts entre les prix de vente au détail sont probablement déterminés, dans une certaine mesure, par des facteurs tels que la concurrence locale.
  8. Les écarts de revenu et de bénéfices moyens dépendent alors en grande partie du débit, ce qui laisse supposer que le choix d’un emplacement approprié revêt une importance primordiale. Indépendamment du nombre d’autres concurrents locaux, le débit moyen sera bien entendu déterminé par la densité de population et l’importance de la circulation locale.
  9. À cet égard, il faut remarquer que le point de vente C affiche le volume de vente le plus élevé pour tous les types d’essence.
  10. 1Les points de vente A et B (les détaillants indépendants) tirent une part significative de leurs revenus et de leurs bénéfices des ventes d’essence ordinaire. Alors que les ventes d’essence ordinaire représentent la plus grande partie des bénéfices et des revenus réalisés par les points de vente C et D, une proportion non négligeable provient également de la vente de types d’essence plus élevés, par rapport aux rendements correspondants obtenus par les points de vente A et B.

5.4 Analyse des séries chronologiques

Les conclusions présentées ci-dessus sont fondées sur les comparaisons des moyennes des prix de vente en gros et au détail de l’échantillon sur une certaine période et pour tous les points de vente. Toutefois, le fait de se baser sur des moyennes d’échantillon peut conduire à des conclusions erronées si les tendances en matière de prix sont extrêmement instables et accompagnées d’écarts importants entourant la moyenne de l’échantillon. Afin de tester cette éventualité, nous présentons des graphiques des tendances de séries chronologiques pour chacune des variables mentionnées précédemment. Les figures 1, 2 et 3 montrent la variation des séries chronologiques concernant les prix de vente au détail de l’essence super, intermédiaire et ordinaire, respectivement. De la même façon, les figures 4, 5 et 6 illustrent les tendances des séries chronologiques relatives aux prix de vente en gros de l’essence super, intermédiaire et ordinaire, respectivement. Les figures 7, 8 et 9 présentent les tendances correspondantes en ce qui touche aux marges sur les prix de vente au détail de l’essence super, intermédiaire et ordinaire, respectivement.

Sur la plus grande partie de la période de l’échantillon, les tendances des séries chronologiques relatives aux prix de vente au détail de l’essence ordinaire (figure 1) suivent de près l’ordre observé dans les moyennes de l’échantillon; autrement dit, les prix pratiqués par le point de vente C sont les plus élevés, suivi par les prix pratiqués par le point de vente B, par le point de vente D et enfin par le point de vente A. Il est intéressant de noter que cet ordre est moins prononcé vers la fin de l’échantillon. En revanche, l’ordre est en définitive clairement visible tout au long de la période en ce qui concerne l’essence intermédiaire (figure 2) et ordinaire (figure 3).

Par contre, les tendances des séries chronologiques observées dans les prix de vente en gros pour tous les types d’essence (figures 4, 5 et 6) montrent clairement une similitude des prix pratiqués par tous les points de vente. Les fluctuations correspondantes des marges en ce qui concerne les différents types d’essence (figures 7 à 9) ne sont pas surprenantes. En moyenne, les marges réalisées par le point de vente C sont les plus élevées mais on note que, dans certains cas, les marges correspondantes des points de vente A et B sont supérieures, en particulier vers la fin de la période illustrée par l’échantillon. Les marges dont profite le point de vente C sont toutefois constamment plus élevées pour ce qui est des types d’essence supérieurs.

Figure 1 – Prix de vente au détail mensuels moyens de l’essence ordinaire

Figure 1 – Prix de vente au détail mensuels moyens de 
l’essence ordinaire.

Figure 2 – Prix de vente au détail mensuels moyens de l’essence intermédiaire

Figure 2 – Prix de vente au détail mensuels moyens de 
l’essence intermédiaire.

Figure 3 – Prix de vente au détail mensuels moyens de l’essence super

Figure 3 – Prix de vente au détail mensuels moyens de 
l’essence super.

Figure 4 – Prix de vente en gros mensuels moyens de l’essence ordinaire

Figure 4 – Prix de vente en gros mensuels moyens de 
l’essence ordinaire.

Figure 5 – Prix de vente en gros mensuels moyens de l’essence intermédiaire

Figure 5 – Prix de vente en gros mensuels moyens de 
l’essence intermédiaire.

Figure 6 – Prix de vente en gros mensuels moyens de l’essence super

Figure 6 – Prix de vente en gros mensuels moyens de 
l’essence super.

Figure 7 – Pourcentage de marge bénéficiaire mensuel moyen de la vente d’essence ordinaire.

Figure 7 – Pourcentage de marge bénéficiaire 
mensuel moyen de la vente d’essence ordinaire.

Figure 8 – Pourcentage de marge bénéficiaire mensuel moyen de la vente d’essence intermédiaire

Figure 8 – Pourcentage de marge bénéficiaire 
mensuel moyen de la vente d’essence intermédiaire.

Figure 9 – Pourcentage de marge bénéficiaire mensuel moyen de la vente d’essence super

Figure 9 – Pourcentage de marge bénéficiaire 
mensuel moyen de la vente d’essence super.


5.5 Analyse économétrique

Bien que les analyses précédentes présentent un intérêt certain, elles reflètent peut-être tout simplement les effets d’autres facteurs que nous n’avons pas observés ayant aussi une incidence sur les fluctuations des prix de vente en gros et au détail au fil du temps. Pour comprendre si les entreprises intégrées verticalement et les entreprises indépendantes agissent de la même façon, nous suggérons d’effectuer les simples exercices économétriques suivants. En particulier, nous mesurerons : (1) les répercussions des variations des prix de vente en gros sur les prix de vente au détail en ne considérant qu'un point de vente; et (2) les répercussions des variations des prix du pétrole brut sur les prix de vente en gros sur la base d’un seul point de vente. Si on relevait les mêmes résultats pour tous les points de vente, cela supposerait que les entreprises intégrées verticalement et les plus petites entreprises se comportent de la même façon face aux chocs des prix du pétrole brut, offrant ainsi un aperçu plus large du comportement visant à optimiser les bénéfices des différents types d’entreprises.

La spécification économétrique que nous utilisons est très simple. Le prix de vente au détail d’un type d’essence particulier constitue la variable dépendante. Le prix de vente en gros mensuel moyen actuel correspondant et le prix de vente en gros mensuel moyen du mois précédent d’un type d’essence particulier acheté par le point de vente représentent les covariables principales. Nous surveillons également les pics ponctuels en utilisant les effets fixes spécifiques mensuels. Bien entendu, nous adopterons la méthode des moindres carrés ordinaires comme méthodologie d’estimation.4 De plus, nous utilisons deux types différents de spécifications afin d’évaluer la sensibilité de nos résultats; un modèle à niveaux multiples et un modèle log-log.5

Le tableau 12 consiste en des estimations des répercussions des prix de vente en gros actuels et décalés de l’essence ordinaire.6 Les régressions des données concernant les points de vente A et B mises en commun représentent l’effet fixe d’un point de vente permettant de les différencier.7 Le premier résultat intéressant est la similitude des estimations des coefficients pour toutes les colonnes. Le modèle à niveaux multiples de la colonne (1) laisse supposer qu’en maîtrisant les autres facteurs, une augmentation d’un cent/litre des prix de vente en gros correspond sensiblement à une augmentation de 0,87 cents/litre des prix de vente au détail des points de vente A et B. L’estimation du coefficient à partir de la spécification des niveaux multiples correspondants selon les données relatives aux points de vente C et D est notablement similaire; en effet, elle démontre qu’une augmentation d’un cent/litre des prix de vente en gros correspond sensiblement à une augmentation de 0,87 (0,807) cents/litre des prix de vente au détail pratiqués par le point de vente C (point de vente D). Les estimations correspondantes selon les modèles log-log sont également identiques. Alors qu’une utilisation des données concernant les points de vente A et B montre qu’une augmentation de 1 % des prix de vente en gros s’accompagne d’une augmentation de 0,822 % des prix de vente au détail, les données relatives au point de vente C (point de vente D) suggèrent qu’une augmentation de 1 % des prix de vente en gros correspond à une augmentation de 0,79 % (0,73 %) des prix de vente au détail. De plus, la valeur du coefficient de détermination multiple est très élevée pour toutes les spécifications, ce qui indique que la variation des prix de vente au détail au niveau des points de vente s’explique presque exclusivement par les variations des prix de vente en gros.

Les tableaux 13 et 14 présentent des estimations similaires des répercussions des prix de vente en gros de l’essence intermédiaire et super sur les prix de vente au détail de l’essence intermédiaire et super. Une fois encore, on observe qu’il n’y a pratiquement aucune différence dans les estimations des coefficients des variations des prix de vente en gros sur les variations correspondantes dans les prix de vente au détail. Des estimations empiriques fondées sur les données relatives aux points de vente A, B, C et D produisent des résultats très semblables. Tout comme dans le tableau 12, la valeur du coefficient de détermination multiple de toutes les normes empiriques apparaissant dans les tableaux 13 et 14 est très élevée.

Quelles conclusions peut-on tirer de ces résultats? En fait, les variations des prix de vente en gros expliquent principalement les fluctuations des prix de vente au détail facturés par toutes les entreprises présentes dans l’échantillon. De plus, toutes ces entreprises réagissent pratiquement de la même façon aux variations des prix de vente en gros.

Les tableaux 15, 16 et 17 montrent des estimations semblables des répercussions des chocs du prix du pétrole brut sur les prix de vente en gros de l’essence super, intermédiaire et ordinaire, respectivement. Reflétant les résultats mentionnés précédemment, les fluctuations des prix de vente en gros résultant des chocs des prix du pétrole brut sont très similaires pour tous les points de vente, que l’on utilise le modèle à niveaux multiples ou le modèle log-log. On observe néanmoins une différence : la somme des estimations des coefficients des prix du pétrole brut est légèrement inférieure à un, alors qu’elle est égale ou légèrement supérieure à un, comme l’ont montré la plupart des autres études. Ces résultats découlent probablement de la nature générale des données utilisées par les autres études.

Ces résultats fournissent des preuves plutôt solides et crédibles contredisant l’existence d’une « augmentation des prix des rivaux » et prouvent au contraire que les prix de vente en gros pratiqués par les entreprises intégrées verticalement et les plus petites entreprises indépendantes suivent des schémas identiques.


Notes

1 Le point de vente E est aussi détenu par une entreprise intégrée verticalement; cependant, en raison d’un manque d’informations, nous sommes en mesure d’utiliser ces données seulement dans l’analyse de rentabilité.

2 Ces chiffres sont extraits des tableaux 3 et 5.

3 Ceci bien entendu, en dépit du fait que l’essence vendue par les entreprises indépendantes soit obtenue d’entreprises intégrées verticalement.

4 Les estimations de coefficients ont été corrigées par Newey-West pour l’autocorrélation du deuxième ordre.

5 Dans les modèles à niveaux, une estimation de coefficient est interprétée comme le changement de la donnée « y » accompagné d’un changement d’unité de la donnée « x », les autres données demeurant constantes. En revanche, dans un modèle log-log, une estimation de coefficient est interprétée comme le pourcentage de variation de la donnée « y » engendré par une variation de 1 % de la donnée « x », les autres données demeurant constantes.

6 Les écarts-type sont indiqués entre parenthèses. *, **, *** font référence à la signification statistique aux niveaux de signification de 1 %, 5 %, et 10 %.

7 Nous avons mis en commun des données relatives aux points de vente A et B, étant donné que les données concernant le point de vente A en elles-mêmes représentent seulement 16 observations, ce qui est trop limité pour pouvoir mener des analyses de régression crédibles.