Étude pour le compte du Bureau de la concurrence du Canada
6.1 Mises en garde
6.1.1 Renseignements utilisés
Notre analyse se fonde sur des renseignements fournis par les détaillants d'essence participants et par les opérateurs des points de vente. Les détaillants participants ont reçu une demande de renseignements définissant les exigences spécifiques que le lecteur pourra consulter à l'Annexe A. L'analyse est basée sur des données comparatives de rentabilité pour 2002, 2003 et 2004 pour les points de vente A et B (détaillants indépendants); et les points de vente C et E (entreprises intégrées verticalement).
6.1.2 Précautions concernant les informations incomplètes et les répercussions du coût des achats de pétrole sur les marges.
Seul le propriétaire du point de vente C a soumis des renseignements complets relatifs à son point de vente, c'est-à-dire les renseignements financiers relatifs au point de vente C et ceux de l'opérateur du point de vente. Les points de vente E, A et B ont soumis des renseignements relatifs aux revenus et aux dépenses inscrits au niveau de l'organisation, mais nous ne disposons pas de renseignements complets relatifs aux coûts comptabilisés par leurs opérateurs. Notre analyse reste donc incomplète et toute observation ou conclusion devrait être considérée avec circonspection.
De plus, les renseignements qui nous ont été fournis n'isolent pas dans une catégorie distincte les coûts des intrants relatifs à l'essence. Ces informations pourraient s'avérer précieuses pour l'identification des différences de coûts relatifs au coûts incorporables aux ventes d'essence pouvant exister entre les points de vente C et E en tant qu'entreprises intégrées qui « vendent » à leurs points de vente au détail à un prix interne et les points de vente A et B en tant que grossistes achetant d'une des entreprises intégrées soumises à la présente étude.
Le point de vente C enregistre les coûts de l'essence livrée à ses points de vente au détail à un prix de vente interne qu'il détermine. Nous supposons, à partir de discussions avec les représentants du point de vente C que ce prix interne est déterminé sur la base du prix en gros facturé à ses clients importants. Nous ne savons pas dans quelle mesure l'application de cette politique de fixation des prix s'approche du prix de pleine concurrence ni l'impact qu'une telle politique peut avoir sur les bénéfices rapportés par le point de vente. Nous croyons que le prix de vente interne du point de vente E est déterminé de manière semblable, sans être en mesure de le prouver.
Cependant, l'analyse présentée dans la section précédente semble indiquer que les renseignements relatifs aux prix de vente interne sont assez fiables. Souvenons-nous que les prix en gros du point de vente C sont très semblables aux prix en gros demandés aux points de vente A et B.
6.1.3 Organisation des activités
Tous les points de vente soumis à l'analyse présentaient une structure organisationnelle similaire. Chaque point de vente contrôlait les immobilisations et les inventaires de carburant et était opéré par un représentant. Il est donc apparu nécessaire, afin de dresser un portrait exhaustif de l'entité économique que représente chaque point de vente, d'incorporer les données financières de chaque entité économique afin de dresser un portrait complet des agents économiques qui englobent les points de vente. Selon ce que nos conversations avec les représentants de l'industrie nous ont appris, l'entreprise affiliée détermine le prix à la pompe dans chaque cas (qu'il s'agisse d'un détaillant indépendant ou d'une entreprise intégrée) et l'opérateur du point de vente est compensé pour chaque litre vendu.
6.2 Exemples de points de vente
Les points de vente au détail soumis à la présente analyse ont été sélectionnés par les participants parce qu'ils sont représentatifs de leurs activités de vente au détail dans la région du Grand Toronto et les régions avoisinantes. Il n'est pas de notre ressort d'analyser la mesure dans laquelle les points de vente sélectionnés sont représentatifs et nous ne pouvons offrir d'assurance à cet égard dans ce rapport.
6.2.1 Point de vente A (détaillant indépendant)
Cette station est équipée de quatre pompes à essences et de huit points de remplissage. Elle vend trois types d'essence : ordinaire, intermédiaire et super et offre aussi des produits auxiliaires et d'autres services.
6.2.2 Détaillant B (détaillant indépendant)
Cette station est équipée de quatre pompes et de huit points de remplissage. La station-service offre trois types d'essence : ordinaire, intermédiaire et super. Ce point de vente offre aussi des produits auxiliaires et d'autres services.
6.2.3 Détaillant C (entreprise intégrée verticalement)
Cette station est équipée de quatre pompes qui distribuent trois types d'essence des deux côtés, totalisant huit points de remplissage. Ce point de vente offre des services auxiliaires.
6.2.4 Point de vente E (entreprise intégrée verticalement)
Ce point de vente appartient aussi à une entreprise intégrée verticalement. Le site compte six pompes à essence. Ce site offre des services auxiliaires.
6.3 Analyse
6.3.1 Organisation de l'analyse de la rentabilité
L'évaluation de la rentabilité d'un point de vente ne relève pas d'un calcul facile puisqu'elle nécessite certaines suppositions quant au marché pertinent et à la nature des coûts, surtout quand on considère les données fournies. Précisément, se concentrer sur l'analyse de la rentabilité des points de vente A et B implique la considération du marché de l'essence de manière isolée.
Cependant, il se pourrait que les points de vente A et B représentent des « articles vendus à perte » puisqu'ils sont situés à côté de magasins au détail auxquels ils sont affiliés et que leur exploitation vise à attirer des clients. Dans ce cas, la mesure de la rentabilité véritable se mesure plus facilement en tenant compte des mesures des ventes et des coûts des grands détaillants voisins.
Il est évident que l'absence de données à cet égard nuit à notre étude. Pour pallier cette lacune, nous avons mené une analyse à trois niveaux. Dans le premier cas, nous nous penchons sur la comptabilisation des profits en évaluant simplement tous les revenus et les coûts relatifs à l'essence ainsi qu'aux ventes de produits non pétroliers pour chaque point de vente. Cependant, il est important de reconnaître que seuls les chiffres du point de vente C sont fiables à cet égard puisqu'ils incluent, outre les revenus et les coûts de l'entreprise intégrée verticalement, ceux de l'opérateur du point de vente. D'un autre côté, nous ne disposons pas de données spécifiques aux revenus et aux coûts de l'opérateur à l'égard des points de vente E, A et B.
Dans le deuxième cas, nous évaluons les tendances des marges bénéficiaires en omettant les coûts promotionnels pour les points de vente A et B. De cette manière, nous reconnaissons de manière implicite que de tels coûts devraient être considérés dans l'évaluation de la rentabilité générale des points de vente A et B et des magasins au détail voisins puisque le marché inclut tous les biens offerts par ces magasins et ne sont pas pertinents dans une étude se concentrant uniquement sur l'essence.
Finalement, l'analyse à trois niveaux s'attarde à la notion des coûts évitables mais pas dans la perspective d'une analyse des coûts évitables. Les coûts relatifs à l'exploitation d'un point de vente d'essence au détail appartiennent à deux catégories : les coûts évitables et les coûts inévitables. Les coûts inévitables sont de nature irrécupérable et incluent les coûts encourus par les opérateurs indépendamment de leurs actions futures. Comme nous l'avons noté précédemment, les coûts inévitables incluent les coûts fixes et variables qu'il est possible d'éviter en cessant l'exploitation du point de vente.8 Par ailleurs, les coûts évitables incluent les coûts qui varient selon le niveau des ventes ou qui sont indépendants du niveau des ventes.
La nature des coûts et leur incidence sur la rentabilité d'un point de vente d'essence constitue un aspect important de l'analyse de l'écart de rentabilité. Par exemple, les coûts de la main d'œuvre sont des coûts évitables mais de nature fixe. L'ouverture d'un point de vente nécessite la présence d'une personne pour contrôler le fonctionnement des pompes et pour accepter les paiements à la caisse. Si le point de vente n'ouvre pas, ces coûts ne sont pas encourus. Cependant, étant donné que les clients se servent eux-mêmes, le montant des coûts de main d'œuvre requis ne dépend pas du niveau des ventes. D'autres coûts sont évitables tels l'électricité qui alimente l'éclairage, le chauffage des kiosques et des magasins, l'aménagement du paysage et les services de déneigement. Les points de vente qui écoulent un plus grand volume d'essence ou qui offrent des marchandises ou d'autres services sont susceptibles de faire un usage plus efficient des ressources que représentent les coûts évitables que les points de vente dont le débit est plus bas ou qui ne disposent pas de sources de revenus auxiliaires.
Les points de vente à haut débit et qui offrent différents produits (produits pétroliers, dépanneur et lave-auto, p. ex.) peuvent aussi améliorer le rendement des coûts inévitables ou irrécupérables en optimisant leurs revenus. Les coûts inévitables incluent les coûts associés à la propriété ou à la location du terrain où le point de vente est situé, aux structures et aux équipements. Ces coûts incluent les coûts d'acquisition ou de location ainsi que les coûts associés à ces avoirs tels les frais d'assurances et les impôts fonciers.
Les coûts de nature variable directement reliés au volume de vente tels le coût des produits pétroliers vendus, le coût des marchandises et de l'eau, l'électricité, les réparations et les coûts associés à l'exploitation d'un lave-auto ne distingueraient pas un point de vente d'un autre. Naturellement, il est possible que certaines entreprises contrôlent ces coûts plus efficacement qu'une autre ou qu'elle profite de coûts d'approvisionnement moins élevés ce qui affecteraient leur rentabilité. Afin de comprendre l'incidence de tels coûts sur la rentabilité, nous réévaluons les profits de chaque point de vente en omettant les coûts de main-d'œuvre.
6.3.2 Calcul de la rentabilité à partir des revenus et des coûts spécifiques du point de vente
Nous commençons notre analyse en calculant les profits en tant que revenus nets avant impôt tel qu'ils sont rapportés dans les renseignements financiers soumis par les points de vente C, E, A et B. En d'autres termes, la rentabilité du point de vente se définit en termes de revenus générés par le point de vente et associés aux ventes d'essence et aux ventes de deux services auxiliaires. Ainsi, nous analysons la rentabilité des points de vente A et B de manière isolée et prenons implicitement pour acquis l'essence en tant que marché pertinent.
En conséquence, certaines différences importantes se dessinent par rapport aux analyses de des sections précédentes de ce rapport. Souvenons-nous que les profits étaient définis exclusivement en fonction des ventes d'essence et des coûts associés à l'achat de l'essence en gros. Nous sommes maintenant en mesure d'ajouter les profits générés par les services auxiliaires et de considérer les coûts d'exploitation spécifique aux points de vente dans notre analyse de la rentabilité générale.
Le calcul des profits générés par la vente d'essence se fait évidemment selon la formule : prix au détail multiplié par la quantité moins les coûts associés. Dans ce cas, les coûts associés représentent spécifiquement les coûts des produits vendus ou le prix en gros multiplié par la quantité vendue en plus des coûts d'entreprise et des frais indirects, des coûts de main d'œuvre, des dépenses administratives et des dépenses associées à l'exploitation du site. Les profits générés par les services auxiliaires représentent simplement la différence entre les revenus et les coûts associés.
Afin de protéger la confidentialité, nos chiffres sont exprimés en terme de rentabilité par litre. La rentabilité des points de vente analysés de 2002 à 2004 est résumée ci-dessous à la Figure 10. Le point de vente C affiche une rentabilité nettement supérieure à celle des autres points de vente. Bien que le point de vente E ait réalisé des profits en 2002 et en 2003, il a essuyé des pertes en 2004. Parallèlement, les points de vente B et A ont toujours essuyé des pertes. La diminution de la rentabilité générale entre 2002 et 2004 apparaît comme une tendance générale pour tous les points de vente. Le profit par litre du point de vente C était beaucoup plus élevé que celui des points de vente A et B. Le point de vente C affichait un profit par litre de 0,07 $ en 2002, de 0,06 $ en 2003 et de 0,03 $ en 2004. Les chiffres correspondants pour le point de vente E ne sont pas très différents, exception faite d'une perte de 0,1 $ le litre en 2004.
Figure 10 – Marge bénéficiaire totale par litre

Comme on s'y attendait, les revenus auxiliaires représentent une composante importante de la rentabilité. La Figure 11 distingue l'origine des profits selon le type de vente entre les « services auxiliaires-1 » et les « services auxiliaires-2 »9 en fonction des litres d'essence vendus. Il a été possible de calculer les profits selon les types de vente en affectant les coûts qui ne sont pas reliés directement aux services auxiliaires, comme les dépenses d'entreprise et les frais indirects ainsi que les frais d'administration et les coûts du point de vente associés à la vente d'essence. Cette affectation correspond à la nature d'une exploitation commerciale où les ventes d'essence représentent l'activité principale.
Une conclusion importante se dégage de la Figure 11. Les revenus générés par les services auxiliaires sont importants, surtout pour les points de vente C et E. Dans les détails, le point de vente C a réalisé un profit annuel moyen de 0,03 $ par litre pour 0,08 $ par litre de revenus générés par le service auxiliaire-1 et de 0,02 $ par litre pour 0,03 $ de revenus générés par le service auxiliaire-2 entre 2002 et 2004. Bien que le point de vente C ait réalisé un profit de 0,03 $ par litre en 2004, ces résultats consistaient en profits de 0,03 $ générés par le service auxiliaire-2, en profits générés par le service auxiliaire-1 de 0,03 $ par litre et d'une perte de 0,02 $ entraînée par la vente d'essence. Il est donc évident que les revenus auxiliaires contribuent largement à la rentabilité.
Figure 11 – Marge bénéficiaire par litre par type de vente (en dollars)

L'autre détail important concerne l'écart important entre les chiffres sur les profits ci-dessus et ceux décrits dans la section précédente. Cet écart s'explique par le fait que les premiers chiffres représentaient la simple différence entre les prix au détail et les prix en gros multiplié par le volume de vente.10 Les résultats de la Figure 11 ont été calculés en tenant compte d'autres coûts (tels les frais indirects) associés à la vente d'essence. À la suite de ce changement dans la méthode de calcul, la perception de la rentabilité relative des stations a changé considérablement. On constate que le point de vente C a essuyé des pertes en 2004 tandis que les points de vente A et B essuient chaque année des pertes dans la vente d'essence. Ces résultats contrastent avec les conclusions quant aux profits réalisés annuellement par chaque point de vente et qui se basaient uniquement sur les revenus et les coûts associés à la vente d'essence. L'incidence de ces conclusions sur les politiques générales est considérable. On comprendra qu'il est possible de se faire une image déformée de la rentabilité d'une station si on se fie uniquement à la différence entre les prix en gros et les prix au détail ou encore à l'idée répandue que les prix de l'essence sont « exagérément élevés ».
6.3.3 Rentabilité sans les coupons et les réductions
Nous réévaluons maintenant nos résultats en omettant les coupons, les réductions et les autres dépenses promotionnelles de notre analyse. La Figure 12 consiste en profits par litre et la Figure 13 distingue ces chiffres en montants par litre.
Figure 12 – Marge bénéficiaire totale par litre avant frais promotionnels/de réduction

Figure 13 – Marge bénéficiaire par litre par type de ventes avant frais promotionnels/de réduction (en dollars)

Nos premiers résultats ne changent que légèrement pour le point de vente A. La Figure 12 indique que le point de vente A a réalisé un profit en 2003 et a essuyé une perte en 2004. D'un autre côté, bien que le point de vente B ait réalisé profit en 2002, il a essuyé des pertes en 2003 et en 2004.
Étant donné que nous avions additionné les dépenses en coupons et en réductions aux coûts reliés à la vente d'essence, il n'est pas surprenant que les Figures 12 et 13 indiquent une augmentation des profits spécifiquement à l'égard de ce facteur de rentabilité générale. Toutefois, seul le point de vente A a enregistré un profit alors que le point de vente B a essuyé des pertes.
6.3.4 Rentabilité sans les coupons, les réductions et les frais de personnel
Nous répétons l'analyse de sensibilité précédente en omettant de nos calculs non seulement les coupons, les réductions et les autres coûts promotionnels, mais aussi les frais de personnel. La Figure 14 indique les profits correspondants par litre et la Figure 15 fournit de plus amples détails en montants par litre.
Figure 14 – Marge bénéficiaire par litre avant frais promotionnels/de réduction et de personnel

Figure 15 – Marge bénéficiaire par litre selon le type de vente avant frais promotionnels/de réduction et de personnel (en dollars)

Il est facile d'interpréter les nouveaux résultats. La Figure 14 montre que le point de vente C ainsi que le point de vente A ont toujours enregistré des profits alors que le point de vente B ne réussissait à générer des profits qu'en 2002 et que le point de vente E essuyait une perte en 2004. La Figure 15 présente des résultats similaires à ceux énoncés en 6.3.3. On doit cependant procéder avec la plus grande prudence avant de tirer des conclusions étant donné la nature incomplète des données. Plus particulièrement, nous ne possédons pas de renseignements complets sur les frais de personnel encourus par les opérateurs des points de vente E, A et B.
6.3.5 Volume des ventes d'essence selon le type d'essence
Étant donné que les ventes d'essence représentent évidemment les ventes les plus importantes, il est important d'évaluer les déterminants des tendances en matière de volume de ventes d'essence. Le volume des ventes d'essence peut aussi servir d'élément de comparaison entre les points de vente selon leur emplacement et leur capacité d'attirer des clients pour la vente de produits auxiliaires.
La Figure 16 compare le pourcentage du volume des ventes selon le type d'essence au volume total vendu pour les années 2002, 2003 et 2004. À cet égard, la Figure 16 démontre clairement le succès qu'obtiennent les entreprises intégrées verticalement (points de vente C et E) dans la vente d'essence intermédiaire et super. Plus spécifiquement, les points de vente C et E avaient le plus haut pourcentage des ventes selon le volume pour l'essence intermédiaire et l'essence super avec des résultats respectifs de 30 % et de 36 % (intermédiaire et super) de 2002 à 2004. En comparaison, les ventes d'essence intermédiaire et super ne représentaient que 15 % des ventes du point de vente A et 20 % des ventes du point de vente B.
Figure 16 – Pourcentage du volume des ventes selon le type d'essence

6.3.6 Revenus tirés des ventes d'essence et revenus selon le type d'essence
Bien entendu, les revenus tirés de la vente d'essence dépendent du volume des ventes ainsi que du prix par litre d'essence vendue, moins les taxes.
Ainsi, la Figure 17 compare les revenus tirés des ventes d'essence selon le type d'essence pour les quatre points de vente. Comme on peut le constater à la lecture de la Figure 17, le point de vente C tire un pourcentage de ses revenus bien plus élevé que les points de vente A et B de la vente d'essences intermédiaire et super avec une moyenne de 32 % alors que le point de vente A tire 16 % de ses revenus de ces types d'essence et que le point de vente B en tire 18 %. La proportion des revenus tirés des ventes d'essence intermédiaire et super est aussi élevée à 39 % pour le point de vente E.
Figure 17 – Pourcentage des revenus selon le type d'essence

6.3.7 Revenus selon le type de vente
La Figure 18 compare les revenus tirés des ventes d'essence et des ventes auxiliaires. Les revenus auxiliaires (les revenus tirés de sources autres que les ventes d'essence, p. ex.) sont importants parce qu'ils nous indiquent dans quelle mesure un point de vente optimise ses profits en amortissant des coûts inévitables qui sont nécessaires afin de générer des revenus de vente d'essence. Les points de vente C, E et B offrent tous les services auxiliaires-2 alors que le point de vente A n'en a pas. Il est encore une fois important de rappeler que nous ne disposons pas de renseignements complets sur les revenus et les coûts des opérateurs de station pour les stations E, A et B.
Les données semblent indiquer que le point de vente C a tiré le plus haut pourcentage de revenus tirés de services auxiliaires avec un mélange de 80 % de revenus venant de l'essence, 5 % du service-auxiliaire-2 et 15 % du service auxiliaire-1, comparé à 92 %, 6% et 1% pour le point de vente E, 85 %, 10 % et 5 % pour le point de vente B et 97 %, 0%, 3 % pour le point de vente A.
Figure 18 – Pourcentage des revenus selon le type de vente

Afin de comparer la capacité de chaque point de vente à générer des revenus auxiliaires à partir de ventes d'essence, les différents types de revenus sont divisés selon le volume d'essence vendue. La Figure 19 compare le revenu par litre des trois types de vente pour chaque point de vente entre 2002 et 2004.
Le point de vente C a généré le plus de revenus auxiliaires par litre d'essence vendue en moyenne pendant la période de 2002 à 2004 avec 0,08 $ de revenus du service auxiliaire-1 par litre et 0,03 $ de revenus du service auxiliaire-2, comparé aux points de vente B avec 0,02 $ de revenus du service auxiliaire-1 par litre et 0,04 $ de revenus de service auxiliaire-2 par litre et aux points de vente E avec 0,01 $ de revenus du service auxiliaire-1 par litre et 0,04 $ de revenus de service auxiliaire-2 par litre. Le point de vente A n'a généré que 0,01 $ de revenus auxiliaires par litre, uniquement du service auxiliaire-1. Dans tous les points de vente, les revenus auxiliaires par litre ont eu tendance à progresser au même rythme de 2002 à 2004.
D'un autre côté, les revenus de vente d'essence par litre ont augmenté dans chaque point de vente de 2002 à 2004. Une conclusion présente un intérêt certain : les points de vente C et E ont enregistré des revenus par litre beaucoup plus élevés (respectivement 0,50 et 0,48 $/litre) que le point de vente A et B. Cet écart s'explique en partie par le type d'essence vendu dans les points de vente C et E. Ces derniers ont écoulé une plus grande quantité d'essence intermédiaire et super dont les prix sont plus élevés. Le point de vente C a profité d'une augmentation des ventes d'essence de 0,41 $ par litre en 2002 à 0,48 $ en 2004, alors que le point de vente a connu une augmentation de 0,43 $ à 0,50 $ par litre au cours de la même période. En comparaison, le point de vente A a vu ses revenus tirés des ventes d'essence augmenter de 0,39 $ à 0,46 $/litre de 2003 à 2004 tandis que le point de vente B connaissait une augmentation de 0,31 $ par litre en 2002 à 0,43 $ par litre en 2004.
Figure 19 – Revenus par litre selon le type de vente (en dollars)

6.3.8 Marge bénéficiaire brute selon le type de vente
Pour les besoins de ce rapport, nous avons calculé les marges bénéficiaires brutes à partir des données financières fournies par les entreprises C, E, A et B pour leurs points de vente respectifs en considérant les revenus pour chaque type de vente et en déduisant les coûts des produits vendus tels qu'ils étaient identifiés dans les données financières fournies, et en déduisant les autres postes de dépenses pouvant être associés directement aux différents types de ventes. Par exemple, dans les cas où des dépenses de réparation et d'entretien ou de services publics (les dépenses en eau associées aux revenus du lave-auto, p. ex.) étaient associés à un type de vente en particulier dans les données, nous avons affecté ces dépenses aux coûts associés aux ventes afin d'obtenir la marge bénéficiaire brute. Les pourcentages de marge bénéficiaire brute ont été calculés en divisant les marges bénéficiaires brutes par les revenus. Les postes de dépense qui n'ont pas été affectés aux coûts associés aux ventes dans cette analyse représentaient des frais de personnel, des coûts d'entreprise et des frais indirects, des dépenses administratives, des dépenses générales associées au site, les frais d'intérêt et l'amortissement.
La marge bénéficiaire brute constitue un facteur important de la rentabilité puisqu'elle fournit une mesure des profits après déductions des coûts directement associés aux ventes réalisées. La Figure 20 compare les pourcentages de marge bénéficiaire pour chaque type de vente pour les trois points de vente en 2002, 2003 et 2004. Le point de vente C enregistrait le plus haut pourcentage de marge bénéficiaire tiré des ventes d'essence à un taux approximatif de 18 % pour 2002, de 14 % pour 2003 et de 7 % pour 2004. À l'exception de 2004, le point de vente E présentait des résultats similaires. Ces résultats montrent de manière évidente que les points de vente A et B enregistraient des pourcentages de marge bénéficiaire moins élevés tirés des ventes d'essence.
En considérant la nature des renseignements fournis par les participants, on doit évaluer avec prudence l'incidence que les coûts d'achat de l'essence ont pu avoir sur les écarts entre les marges bénéficiaires rapportées par les points de vente C et E et ceux rapportés par les points de vente A et B. Les points de vente A et B se sont approvisionnés en essence auprès d'entreprises pétrolières intégrées. Donc, les achats d'essence portés à leur compte de coûts des produits vendus sont inscrits au prix d'achat. D'un autre côté, les points de vente C et E vendent des produits pétroliers qu'ils raffinent eux-mêmes. À cet égard, les coûts en approvisionnement d'essence inscrits par le point de vente C comme coûts afférents aux ventes sont fixés selon le prix d'un transfert interne déterminé par le point de vente. D'après les représentants du point de vente C, il semblerait que leur prix de transfert est déterminé selon les prix en gros. Les analyses menées dans la section précédente ont tendance à confirmer ces renseignements étant donné que le prix de transfert rapporté par le point de vente C est très similaire aux prix en gros correspondants facturés aux points de vente B et A.
Le point de vente C a généré le pourcentage de marge bénéficiaire le plus élevé des opérations de lave-auto avec une moyenne de 84 % au cours des années 2002 et 2003. Les résultats du point de vente E sont encore une fois similaires à l'exception de 2004. Le point de vente B a généré le pourcentage de marge bénéficiaire le moins élevé, c'est-à-dire une moyenne de 35 %. Le point de vente B a enregistré le plus haut pourcentage de marge bénéficiaire tirée du dépanneur, c'est-à-dire une moyenne de 87 % de 2002 à 2004, comparativement au pourcentage de marge bénéficiaire du point de vente C de 34 % et au pourcentage de marge bénéficiaire du point de vente A de 27 %.
Figure 20 – Pourcentage de la marge brute selon le type de vente avant frais de personnel

Ces résultats semblent indiquer que les points de vente peuvent générer des profits importants de la vente de services auxiliaires. Cependant, il est nécessaire de souligner que les ventes de services auxiliaires sont probablement tributaires du débit de la station. Le maintien de profits importants tirés de la vente de services auxiliaires advenant le déclin du débit d'essence est assez improbable.
6.3.9 Résumé des coûts afférents aux revenus de la vente d'essence
La Figure 21 compare les coûts attribuables aux revenus de l'essence par litre. Cette analyse indique que les coûts d'achat de l'essence semblent être approximativement les mêmes pour le point de vente C, le point de vente E, et le point de vente A et un peu plus bas pour le point de vente B. Le point de vente B a enregistré des frais généraux et administratifs par litre beaucoup plus élevés que tous les autres points de vente. Cet écart est attribuable au moins en partie au débit d'essence beaucoup plus bas du point de vente B, ce qui fait grimper les coûts moyens par litre. Étant donné son débit d'essence élevé, il n'est pas surprenant que le point de vente C enregistre les coûts par unité les plus bas dans toutes les catégories.
Figure 21 – Coûts afférents aux revenus de la vente d'essence

Notes
8Cette définition correspond à la définition utilisée par le Tribunal de la concurrence (ht tp://www.ct-tc.gc.ca/CMFiles/CT-2001-002_0145a_40QXN-4132004-736.pdf).
9 Afin de préserver la confidentialité de l'étude, il nous est impossible d'identifier les services couverts par « services auxiliaires-a » et « services auxiliaires-2 ».
10 Évidemment, il est impossible de comparer les marges bénéficiaires associées aux ventes au détail calculées à partir de l'analyse économique à ces chiffres sur la rentabilité étant donné la différence entre les périodes et les points de vente étudiés.