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Des personnes qui ont été ciblées par des arnaqueurs dans le cadre de leur travail ont fait les déclarations suivantes. Pour protéger leurs renseignements personnels, on a modifié les noms des personnes et des entreprises.
Le 29 mars, j'étais en train de payer mes factures et, outre une cinquantaine d'autres choses que j'avais à faire ce jour-là, j'ai payé une facture d'une entreprise appelée Global Entreprise Solutions and Surprises (GBSS). La facture ressemblait à n'importe quelle autre dans ma pile et le montant n'en était pas important. J'ai donc présumé qu'un employé de notre entreprise l'avait autorisée.
Quelques jours plus tard, au début du mois d'avril, un certain Michael, de GBSS, m'a appelé pour confirmer notre adresse en vue de nous envoyer la facture finale. J'ai trouvé ça un peu étrange et je lui ai donc demandé de m'indiquer le nombre de factures concernées. Il a dit que la prochaine serait la facture finale. Curieux, je lui ai demandé de m'indiquer sur quel service fourni portait la facture et il a simplement répondu de visiter le site Web de son entreprise. Je lui ai demandé qui avait établi le contrat de service avec son entreprise et il a répondu que c'était moi. Pourtant, je ne me souvenais pas d'avoir eu affaire à cette entreprise. Il parlait sur un ton qui me semblait « officiel » et je n'ai pas insisté pour en savoir plus.
Début mai, j'ai reçu la facture suivante, qui portait la mention « FINALE » et, à cause de la conversation précédente avec Michael, je l'ai payée.
Le mois suivant, j'ai reçu plusieurs appels de Michael confirmant les paiements précédents et répétant qu'il allait m'envoyer la facture finale. J'ai répondu que je l'avais déjà payée, à la suite de notre conversation d'avril. Il a dit que c'était impossible parce qu'il y avait trois factures en tout et que la troisième n'avait pas encore été envoyée! J'ai dit que je n'enverrais plus d'autres paiements tant qu'il ne m'aurait pas envoyé un contrat indiquant que nous devions payer en trois versements mensuels et précisant les services pour lesquels nous étions facturés, car la description figurant dans la facture était très vague. Cela a mis Michael sur la défensive et il a haussé le ton en disant que j'avais accepté d'effectuer les trois versements, qu'il avait enregistré la conversation durant laquelle nous avions convenu de l'échelonnement des versements et qu'il pourrait me la faire écouter. Je lui ai suggéré de le faire, mais il ne l'a plus du tout mentionné durant la conversation.
Entre temps, en juin, j'ai reçu une facture d'une entreprise appelée Data Data Data Now. Un certain Mark a appelé pour dire que la facture était en souffrance. J'ai dit que nous ne leur avions jamais commandé quoi que ce soit et il a répondu qu'il serait forcé d'envoyer la facture à une agence de recouvrement et que la cote de solvabilité de notre entreprise allait en souffrir! J'ai reçu peu après la facture de rappel, ainsi que des appels téléphoniques. Mark a ensuite déclaré qu'il était maintenant responsable de ce compte à la place de Michael (de la première entreprise!) et il m'a fait écouter au téléphone une conversation où ma voix disait « oui » à une certaine question. Mais la qualité de l'enregistrement était tellement mauvaise que je ne pouvais même pas discerner ce à quoi j'avais répondu « oui ». Je crois que je confirmais simplement que notre adresse était bien celle qu'ils avaient dans leurs dossiers.
Les menaces relatives à notre cote de solvabilité commençaient à devenir stressantes et nous avons décidé de payer à condition qu'ils nous envoient une lettre indiquant qu'il n'y aurait plus d'autres factures. C'est ce qu'ils ont fait et nous avons acquitté la facture finale en entier.
En juillet, j’ai reçu l’appel d’un homme qui m’a demandé si je voulais renouveler un abonnement à un répertoire d’entreprises. J’ai demandé de quoi il s’agissait et il m’a répondu que c’était un répertoire publicitaire en ligne. J’ai dit que notre entreprise n’était pas intéressée. Il m’a alors déclaré que la facture finale s’élèverait à approximativement 300 $ et il m’a demandé si j’allais m’occuper du paiement. Ignorant quelle sorte d’entente avait pu être passée avec son entreprise, j’ai dit que j’allais m’occuper de la facture. En fait, en l’entendant dire qu’il s’agissait d’une « facture finale », j’ai pensé que nous avions dû bénéficier de leurs services.
Une femme, de la même entreprise, m’a ensuite appelé pour confirmer mon accord de payer la facture qu’ils allaient envoyer, ce que j’ai confirmé. Je pensais alors que notre entreprise avait fait affaire avec eux, mais j’ai quand même voulu en avoir le cœur net. J’ai demandé par courriel à Nancy, de notre service de la comptabilité, de vérifier et elle m’a alors répondu que ce n’était pas le cas. Mon superviseur, Jim, a appelé l’entreprise en question. Ils lui ont dit qu’ils avaient enregistré la conversation qu’ils avaient eue avec moi et qu’ils pourraient l’utiliser pour prouver mon accord. Jim a rétorqué que n’importe qui pouvait trafiquer un enregistrement sonore et que notre entreprise ne paierait aucune facture émanant d’eux.
Nous les avons signalés au Bureau de la concurrence.
En janvier, j’ai reçu un appel d’une dénommée Sophia. Elle appelait pour renouveler notre abonnement à des services Web, à notre nom. Je lui ai dit que nous n’avions pas de site Web et que nous n’avions pas besoin de tels services mais elle a déclaré qu’ils avaient déjà fait affaire avec nous et qu’elle allait nous envoyer une facture pour l’année précédente.
J’ai ensuite reçu un autre appel, provenant cette fois d’une autre femme qui appelait pour confirmer notre adresse postale et nous demander comment nous comptions régler la facture. Je lui ai répondu que nous réglions toutes les factures avec des chèques d’entreprise. Elle m’a alors remercié et a raccroché.
Une autre femme m’a ensuite appelé pour confirmer la conversation que j’avais eue avec Sophia et pour me dire que nous allions bientôt recevoir notre facture pour les services Web. J’ai une nouvelle fois demandé à quoi correspondait cette facture, puisque nous ne bénéficions d’aucun service Web. Elle a insisté que nous étions effectivement abonné à un tel service et a prétendu que j’en avais passé moi-même la commande par téléphone. Après un échange de plusieurs coups de fil, je recevais quelques jours plus tard une facture de 300 $!
La facture portait l’adresse de leur site Web ainsi qu’un nom d’utilisateur et un mot de passe. Comme je voulais les contacter au sujet de la facture, je suis allé sur leur site pour voir s’il y avait un moyen d’entrer en contact avec eux. Le site ne comportait aucune coordonnée. J’ai vu une section réservée aux clients où l’on pouvait ouvrir une session, mais je n’en ai rien fait de peur de passer pour l’un deux. Plus tard ce jour-là, j’ai pensé que le seul moyen de les contacter était peut-être d’ouvrir une session sur leur site et c’est ce que j’ai tenté de faire, mais le nom d’utilisateur et le mot de passe fournis ne fonctionnaient pas.
J’ai alors décidé de leur envoyer une lettre, à l’adresse indiquée sur la facture. J’y expliquais que nous étions un organisme à but non lucratif fonctionnant sur des budgets fixes et qu’il nous était donc impossible de commander des services Web par téléphone. Je n’ai pas eu le temps de poster la lettre car j’ai reçu l’appel d’un dénommé John qui m’a demandé quand je comptais payer ladite facture. Je lui ai lu la lettre et lui ai demandé ce qu’était une liste virtuelle. Il m’a expliqué que c’était lorsqu’on allait sur leur site Web, qu’on ouvrait une session et qu’on entrait nos renseignements, qui étaient ensuite utilisés pour créer la page Web. Je lui ai alors dit que je n’avais jamais demandé un tel service, mais il a affirmé le contraire. Il a également déclaré qu’il avait en sa possession l’enregistrement d’une conversation au cours de laquelle j’autorisais le service en question. J’ai accepté de l’écouter. Il s’agissait d’une femme qui me parlait très rapidement et me demandait de confirmer mon adresse postale. Je disais « oui », « euh, euh… » et « nous réglons avec des chèques d’entreprise. » Il était bien clair que je ne faisais que confirmer des renseignements et que je ne disais en aucun cas que j’allais payer la facture.
Mais après m’avoir fait entendre l’enregistrement, John a déclaré : « Alors, vous voyez bien! », sur un ton qui semblait vouloir signifier qu’il venait de prouver ses affirmations. J’étais interloqué qu’il puisse interpréter ce dialogue comme un accord de ma part d’accepter le service ou de payer la facture, et je le lui ai dit. Il a haussé le ton et m’a demandé quel était mon titre, puis a demandé à parler à mon patron. Je lui ai répondu que j’étais le directeur et je lui ai expliqué une nouvelle fois que nous étions un organisme à but non lucratif et que de tels services n’auraient jamais pu être approuvés. Il s’est énervé de plus belle et à chaque fois que j’essayais de dire quelque chose, il m’interrompait en criant : « Quand allez-vous payer? ». Ensuite, il a dit « Vous allez la payer! » avant de raccrocher.
J’ai reçu une autre facture portant la note « Dernier avis ». Cette fois, elle n’était pas adressée à notre organisme mais à moi personnellement! Le paiement était exigé dans les dix jours sous peine de recours à une agence de recouvrement.
C’est à ce stade que j’ai finalement signalé l’incident au Bureau de la concurrence. L’entreprise a été accusée de télémarketing frauduleux et poursuivie en justice.